Les mots de la fin

Blogue de Daniel Ducharme

À propos de l'écriture manuscrite


Daniel Ducharme | Technologies et culture numérique | 2026-01-23


D'aucuns prétendent que l'écriture manuscrite serait plus bénéfique pour l'être humain que l'écriture au clavier, notamment pour la mémorisation de l'apprentissage et le développement de la motricité fine. Il semblerait que l'écriture manuscrite solliciterait davantage notre cerveau, contribuant ainsi à améliorer nos facultés cognitives. Je n'ai pas de mal à souscrire à cette hypothèse, bien que j'estime qu'il y a des avantages et des inconvénients aux deux modes d'écriture.

Pour ma part, j'écris chaque jour au clavier sur une application de prise de notes, une application Open Source appelée Standard Notes. J'en suis très satisfait, notamment parce que, contrairement à d'autres applications du même type, comme Joplin par exemple, elle dispose d'une application Web. Cela signifie que je peux écrire directement à partir d'un navigateur, sans télécharger le logiciel. Quand j'en ressens le besoin, je peux donc écrire en utilisant l'ordinateur de la bibliothèque publique de mon quartier. Tous les moyens sont bons pour écrire davantage, même si la technique ne fera jamais l’écrivain, on s'entend là-dessus. Standard Notes permet aussi l'écriture dans différents formats. Pour ma part, j'utilise ceux qui sont compatibles avec markdown, de manière à exporter mes notes dans ce format non propriétaire.

Pour revenir à l'écriture manuscrite, mon neveu Yacine, lui, a décidé d’écrire à la main, couchant les mots sur du papier à l’aide d’un simple stylo. Remarquez, j’écrivais partiellement comme ça jusqu’en 2009. Yacine a du talent, sans doute beaucoup plus que moi. Pourrais-je revenir à l’écriture manuscrite ? Je ne crois pas, même si parfois la tentation est forte de couvrir d’encre bleue de beaux cahiers à feuilles non lignées… Mais que ferais-je de tous ces cahiers par la suite ? Je préfère consigner mes écrits dans des fichiers en formats markdown ou HTML. La moisissure ne risque pas de les souiller… Ne rigolez pas : j'ai bien vu dans quel état se trouvent mes cahiers de note de mes vingt ans. Heureusement je les ai numérisés à temps. Enfin… heureusement… on s'entend qu'ils ne passeront pas à l'histoire.

Pendant un moment, influencé par les "spécialistes" en sciences de l'éducation qui ânonnent à qui veut les entendre que "l’écriture cursive aide à former le cerveau afin d’intégrer l’information visuelle et tactique ainsi que la motricité fine" (voir Cerveau et écriture cursive sur le blogue Belle écriture), j'ai pensé à me procurer une tablette numérique comme la Supernote ou la Remarkable 2, me disant qu'un usage technologique de l'écriture manuscrite pourrait davantage me convaincre de faire le saut. Mais quand j'ai constaté le prix de ces tablettes, je me suis dit que c'était peut-être trop cher payé pour revenir à l’écriture manuscrite alors qu’un simple carnet coûte dans les dix dollars… En effet, je crois qu’il serait plus sage de débuter sur du bon vieux papier avant de me lancer dans une telle dépense. Ainsi, si je ponds un texte intéressant, en dépit des mes gribouillis manuscrits à peine intelligibles, je pourrais toujours la prendre en photo sur mon téléphone et la téléverser automatiquement dans mon service d'infonuagique. Je peux faire la même chose aussi en les numérisant en format PDF - c'est d'ailleurs ce que propose les tablettes hors de prix…

Je suis un partisan du minimalisme numérique. Le minimalisme demeure numérique, comme son libellé l'indique. Il ne prêche pas un retour à l'analogique, un retour à la plume et au papier. Le minimalisme numérique cherche plutôt à faire un bon usage des outils numériques, recommandant des applications Open Source, c'est-à-dire des applications qui ne vous emprisonnent pas dans les services d'une entreprise privée. Même si je suis loin d'avoir les compétences informatiques pour modifier le code d'une application, je suis rassuré par la transparence, par la possibilité que d'autres puissent le faire. La papier a sans doute sa place dans notre monde, mais on ne peut pas renoncer à l'écriture au clavier pour autant. Tout est une question d'équilibre, de modération.

En octobre 2025, après avoir lu Psychopompe d'Amélie Nothomb, j'ai publié un billet sur la question de l'écriture manuscrite : Le retour au carnet papier

Dans ce billet, j'ai écrit que je reviendrais sur cette question. Eh bien, je me suis effectivement acheté un carnet papier et un bon stylo (de type roller). Dans ce carnet, j'ai pris l'habitude d'écrire le mot du soir, une petite page en dimension A5 que je numérise en PDF et que je range dans un dossier. Ce petit mot ferait à peine 200 mots au clavier. Il ne s'agit que d'une petite note pour clore la journée. Ensuite, je me sers de ce carnet quand, bien calé dans mon fauteuil, je rédige des textes de fiction, souvent des tranches de vie. Même si ça dédouble le travail (car je dois retaper le tout ultérieurement), ça me donne l'impression que j'écris plus vite, que je vais plus au bout de mon idée, sans doute parce que je ne fais pas attention à la forme quand j'écris au stylo.

Je n'ai pas fini d'en parler… donc, je m'arrête ici pour aujourd'hui. Mais j'avoue qu'il me plaît bien de revenir un peu à l'analogique, au bon vieux papier qui, même en jaunissant, résiste au temps… tout comme le numérique, d'ailleurs, à la condition de savoir le gérer. La conservation de nos textes et de nos images est l'affaire de chacun d'entre nous, peu importe le support ils sont consignés. Il faut juste s'en occuper, c'est tout.


Quelques sources sur l'écriture manuscrite. Mais une simple navigation sur le Web vous en fera sans doute découvrir beaucoup d'autres. Cela dit, je ne suis pas convaincu de la véracité de cette hypothèse, du moins pas à 100 %. Mais comme le disait un ami disparu : "Ça se discute…"


Revenir en haut de la page